Le risque routier a une particularité qui le rend difficile à traiter : il se matérialise à l'extérieur de l'entreprise. Un chef d'atelier voit ses machines, contrôle ses équipements, corrige une posture de travail. Personne ne voit ce qui se passe sur l'A13 à 7 h 40.
D'où une tendance à le traiter comme une fatalité. Il ne l'est pas, mais la prévention demande une méthode un peu différente des autres risques professionnels.
Commencer par regarder ce qui se passe réellement
Avant de former qui que ce soit, cartographiez. Qui conduit, combien de kilomètres, sur quels types de trajets, à quelles heures, avec quels véhicules. Reprenez l'historique des sinistres sur deux ou trois ans, même les petits accrochages de parking que personne ne déclare comme accidents du travail.
Cette étape est ingrate et c'est celle qui change tout. Neuf fois sur dix, un profil se dessine : des trajets tardifs, une équipe qui cumule les rendez-vous, une agence dont le taux de sinistres sort du lot. Vous savez alors où concentrer l'effort.
Traiter l'organisation avant le conducteur
Voilà le point qu'on oublie le plus souvent. Un collaborateur qui a quatre rendez-vous espacés de 45 minutes dans une journée où il faut compter 1 h 15 de route entre chacun va rouler vite. Aucune formation ne corrigera ça, parce que le problème n'est pas son comportement au volant, c'est son planning.
Passez donc en revue vos pratiques : la façon dont on construit les tournées, la pression implicite sur les délais, la tolérance aux appels et aux messages pendant la conduite. Une entreprise qui appelle ses commerciaux sur la route toute la journée fabrique elle-même son risque.
Écrire des règles que les gens peuvent suivre
Un protocole interne tient en une page. Ce qu'on fait des appels en conduite, les délais qu'on s'interdit d'imposer, la conduite à tenir en cas de fatigue ou d'intempéries, le circuit de déclaration d'un incident même bénin.
Une règle floue ne sera pas appliquée. Une règle que la hiérarchie contourne visiblement sera appliquée par personne. La direction donne le ton sur ce sujet plus que sur n'importe quel autre.
Former, mais en faisant conduire
Vient ensuite la partie formation. Notre conviction, après vingt ans d'activité sur circuit : la sensibilisation en salle a un effet réel mais court. Ce qui reste, c'est l'expérience physique.
Faire ressentir à un conducteur ce qu'est une distance de freinage réelle sur sol mouillé, lui faire vivre une perte d'adhérence dans un environnement où il ne risque rien, lui montrer ce que devient sa trajectoire quand la charge du véhicule change : ça, ça ne s'oublie pas. On travaille ces situations sur piste fermée, avec des moniteurs diplômés et des dégagements prévus pour.
Le format peut prendre la forme d'une journée dédiée ou s'intégrer à un séminaire, ce qui règle au passage le problème de la mobilisation des équipes.
Mesurer, sinon la démarche s'éteint
Choisissez deux ou trois indicateurs et suivez-les : nombre de sinistres, coût moyen, données de télématique si vous en avez. Regardez-les à six mois et à un an.
Sans mesure, la prévention du risque routier retombe au niveau de la bonne intention. Avec des chiffres, elle devient un poste que la direction financière défend d'elle-même, parce que la sinistralité coûte cher et se voit dans les comptes.
Le cadre administratif
Une journée sécurité routière est imputable comme action de formation selon votre convention collective et votre OPCO. On vous fournit la convention, le programme pédagogique détaillé et les attestations de présence.
Pour les montages qui exigent un organisme certifié Qualiopi, nous passons par un partenaire en sous-traitance, notre activité séminaire B2B n'étant pas certifiée. Précisez le besoin dès le départ.
Pour construire une session adaptée à vos conducteurs, voyez nos formations à la conduite ou demandez un devis. Réponse sous 48 h.

